Témoignage – Inès nous raconte son volontariat en Arménie

À l’heure où je vous écris j’entame déjà mon cinquième mois en Arménie. Donc voici un petit throw back sur mes premières impressions que j’ai pu rédigé il y a de cela 4 mois dans l’optique d’ouvrir mon blog personnel (toujours inachevé d’ailleurs mais que je ne manquerais pas de vous communiquer une fois terminé).

Au départ de Paris j’arrive à l’aéroport devant les panneaux avec tous les vols internationaux devant moi je réalise que j’y suis et une bouffé d’adrénaline m’envahie, je suis surexcité ! [Ah oui, et puis il faut peut être précisé que c’était la première fois que je quittais l’Europe, seule qui plus est]. Et c’est rempli de joie, d’excitation et de hâte que je commence à réaliser que l’aventure commence, maintenant, enfin ! Dans l’avion par le hublot j’en prends pleins les yeux des rêves pleins la tête, l’excitation est à son comble.

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Departure : From France to Yerevan, Armenia / Avec ma famille d’accueil en train de manger des « Ponchik » (sorte de beignets) dans une grande enseigne Arménienne.

Arrivée en Arménie je crois que je ne réalise pas encore où je suis et ce qui m’attend. Un chauffeur m’attend avec mon prénom sur une pancarte (j’ai toujours rêvé de ça ahah) et me conduis dans ma nouvelle famille d’accueil. Ma mère d’accueil m’attendait les bras ouverts (littéralement) et c’est le moins qu’on puisse dire, car à peine sorti de la voiture elle m’a prise dans ses bras, je faisais déjà partie de la famille.

J’avais beau avoir déjà mangé dans l’avion un festin de roi m’attendait, l’hospitalité à l’arménienne, croyait moi vous ne pourrez jamais mourir de faim chez un arménien, c’est culturellement impossible. Et c’est au fil de la soirée que mon excitation en prend un coup. Oui car je me rend compte que ma famille ne parle pas vraiment anglais, ou quelques mots part-ci, part là et c’est vraiment très compliqué de communiquer. Je n’avais jamais été confronté à ce genre de situation auparavant et même si je le savais c’est beaucoup plus dur que j’imaginais. Je me rassure en me disant que ce sera surement différents avec les autres volontaires et les membres de l’association.

Le lendemain matin j’avais ce qu’on appelle « l’orientation » au bureau d’Armenian Volunteer Corps (mon organisation d’accueil) qui est en fait un gros briefing sur les règles à suivre, le fonctionnement, quelques conseils culturels, les horaires de travail ainsi que le premier rendez-vous avec le « jobsite ». Et déjà dès le première jour jai pu remarquer la notion de lheure à l’arménienne, disons que 5min peuvent facilement représenter 20 minutes arméniennes. Enfin vous me direz, ayant vécu à Marseille et ponctuelle comme je le suis ça ne m’as pas vraiment bouleversé.

Mon organisation d’accueil est un peu différente de celles que vous avez sûrement pu voir dans les témoignages d’autres personnes. Je ne travaille pas au sein de mon organisation, elle est plutôt comme une organisation coordinatrice. Je m’explique : Armenian Volunteer Corps est une organisation de volontariat qui offre des placements personnalisés en Arménie à ses membres. Différents secteurs sont possible et la plupart du temps votre placement est désigné en fonction de vos compétences et votre CV. AVC est une association jumelle avec Birthright Armenia, elles offrent les mêmes possibilités à la différence près qu’il faut avoir un minimum de 15% d’origines arméniennes pour pouvoir faire son volontariat avec Birthright Armenia.

Tous les samedis avec les volontaires qui le souhaitent nous avons la chance d’avoir accès à des excursions à travers l’Armenie pour découvrir les richesses du pays et partager tous ensemble. (Ne rêvez pas trop non plus il faut tout de même payer pour ça mais la somme est si peu élevé que ce serait dommage de s’en priver, surtout que ça permet de rencontrer les autres volontaires et découvrir l’Arménie). Mon organisation prend également en charge de nous fournir des cours de langues arménienne pour que nous puissions apprendre et nous débrouiller au quotidien et dans les familles d’accueil qui parlent rarement anglais. Je vous avoue qu’au début c‘était très dur pour moi mais j’ai fais des progrès depuis et j’en suis assez fière j’avoue car ce n’est une langue très facile de part tous les son qu’elles possèdent. (fyi : leur alphabet possède 39 lettres)

Pour mon premier job AVC m’avait placé dans une entreprise de wedding planner en ligne. Malheureusement le travail de prospection qu’ils m’ont demandé de réaliser allait totalement à l’encontre des objectifs que je m’étais fixé en venant ici et par dessus tout ne correspondait absolument pas à mon idée de volontariat en service civique. La chance que nous avons en étant volontaire à AVC c’est que nous pouvons changer de jobsite autant de fois que nous le désirons et en faire plusieurs à la fois pour découvrir, apprendre et aider dans différents domaines. Le changement de travail, en adéquation avec la ponctualité arménienne, à pris 3 semaines. Sachant que ce job ne me convenait pas vraiment j’ai pris l’initiative de me rendre, en parallèle dans un orphelinat pour handicapés dont m’avaient parlés d’autres volontaires. Cet endroit bien qu’assez dur moralement m’a énormément plu car je pouvais enfin apporter mon aide dans un milieu non « commercial » si je puis dire. Aider des personnes dans le besoin. Je me rendais donc dans cet orphelinat deux fois par semaines pour nourrir les enfants (car ils ne peuvent pas le faire eux même), les divertir par des jeux très basiques mais ce qui étaient possible de réaliser en fonction de leurs capacités, de les promener et encore de leur faire leur thérapie quotidienne. La thérapie dans laquelle j’apportais mon aide était la thérapie physique et musculaire pour les aider à marcher et leur faire faire des exercice pour faire bouger leur membre et détendre leurs muscles. C’était très enrichissant car je ne pensais jamais pouvoir un jour travailler avec ce genre de public, je me pensais trop faible mentalement pour ça. Mais arriver à faire sourire ces enfants que la vie n’a pas gâté était une chose vraiment merveilleuse, un sentiment de satisfaction et de fierté m’envahissait à chaque fois que j’arrivais à en faire rire ou sourire un. Il sont tellement attachant et reconnaissant en plus de ça, ils me faisaient toujours des bisous et des câlins. Et mes cours d’arméniens m’ont permis de plus en plus de pouvoir communiquer avec eux ce qui permettait de créer encore plus de liens.

À la fin de ces 3 semaines d’attentes donc, AVC m’a placé dans une entreprise de voyage où je devais traduire des textes en français pour une future application d’audio guide touristique. Et bien que l’équipe de travail était des plus adorable et que j’apprenais des choses sur l’Arménie, ce n’était toujours pas l’expérience humaine et sociale que j’était venu chercher ici car bien que j’aime mon ordinateur ce n’était pas du tout mon but ici, encore une fois.

Et malgré les merveilleuses opportunités offertes par mon organisation je n’ai pas réussi à trouver ma place. Ni parmi les volontaires ni même dans mon job car mis à par l’orphelinat rien ne correspondait vraiment à mes attentes. À ce moment là je me sentais vraiment mal et seule car je n’avais pas vraiment d’amis parmi les volontaires et même dans mon travail je ne trouvais pas grande satisfaction. Ces deux premiers mois se sont avérés compliqué pour moi.

Puis j’ai appris que nous pouvions faire notre volontariat dans d’autres villes d’Arménie et en particulier à Gyumri qui est la seconde plus grande ville d’Arménie. Lors d’une excursion j’ai rencontré des volontaires qui venait de là bas et lorsqu’ils me racontaient leur expérience ils m’ont donné envie de les rejoindre. Étant déjà allé dans cette ville en excursion j’étais assez réticente à l’idée d’y vivre au début car elle ne m’attirait pas spécialement. Je la trouvais terne et maussade due au tremblement de terre qui l’avait ravagé en 1988. Mais enfin, je me suis dis que je ne risquais rien a essayer et que ça ne pouvait pas être pire. De toute façon si ça ne se passait pas bien je pourrais toujours revenir à la capitale. J’ai donc demandé ma « mutation » le plus rapidement possible et j’ai été ravie que cela se fasse en seulement 10 jours.

Et me voilà parti pour une nouvelle aventure, je dis nouvelle aventure car c’est là que mon expérience en Arménie a vraiment commencé. Je me suis mise en colocation avec une autre volontaire qui est devenu plus qu’une bonne amie pour moi, d’origine arménienne et québécoise. J’ai rencontré la « famille Gyumri » des volontaires et du staff car oui on est comme une famille ici, tous très proche, on a pas le choix de toute façon la ville est ridiculement petite en comparaison avec Yerevan et on s’entasse tous les uns sur les autres dans notre petit bureau ahah. C’est vraiment une autre ambiance qu’a Yerevan la communauté des volontaire est beaucoup moins importante et de ce fait on se vois tout les jours et ça devient très vite des amis avec qui on peut travailler, délirer, discuter, voyager… une véritable famille (je vous l’avez dis !). Mon travail ici est tellement plus intéressant et beaucoup plus en accord avec mon idée du service civique. Je donne des cours de français et d’anglais à des enfants de façon non formelle. Je fais également des groupes de discussions en français et des workshops à l’université où nous discutons de divers sujets. Cela m’apporte un intérêt différent du fait que les sujets que nous abordons sont très souvent considérés comme tabou en Arménie. Bien que ma voix ne puisse pas avoir un impact immédiat il permet d’ouvrir des horizons différents. Voir les réactions et la façon de penser en fonction de la culture et du développement de leur pays est vraiment enrichissante.

Je pourrais encore vous vanter longtemps la ville de Gyumri, toutes les découvertes et les gens merveilleux que j’y ai rencontré mais cet article deviendrait encore beaucoup trop long que ce qu’il n’est déjà. Si je ne vous ai toujours pas perdu à ce stade je tiens à vous féliciter et vous invite à mettre un pouce bleu, ou plus si affinité, en bas. (Allé tenez bon c’est presque la fin).

Il était convenu que je reste à Gyumri pour seulement 1 mois mais plus les jours passaient plus je m’attachais à la ville, ses habitants, ma vie ici et j’ai décidé de prolonger d’un mois et demi supplémentaire. On peut dire qu’aujourd’hui je n’ai plus du tout la même approche de Gyumri qu’auparavant. Je ne vois plus la ville terne et maussade du début, je vois une ville pleine de caractère, de charme et de contrastes. En bref Gyumri est un ressenti, un sentiment de bonheur et de positivité, que tous les autres volontaires pourront vous confirmer. Et bien que les gens s’en aillent et de nouveaux arrivent le feeling reste inchangé. Dans quelques semaines mon expérience gyumrétie se terminera et une nouvelle page s’ouvrira pour moi, le retour à Yerevan… (à suivre).

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Excursions

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La Gyumri Family

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Petite exclu chute lors d’une excursion / Ma coloc de l’amour

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Lors d’un événement boulangerie pour la francophonie avec mes étudiantes de l’université / Avec mes étudiantes de l’université et des professeurs

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Comment je vois la beauté de Gyumri / Yerevan en fleur pour le printemps

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