Témoignages- Maxence Rogard “Avant de partir je ne savais quasiment rien sur l’Arménie”

Cela fait, maintenant, un mois et demi que je suis parti en Arménie et un retour réflexif  sur le début de mon expérience semble nécessaire. Le 1er octobre je m’envolais de Paris à destination de l’Arménie. Je devais atterrir à Erevan, qui n’allait être pour moi qu’une ville de transit, la destination finale de mon voyage étant Gyumri, la deuxième ville du pays. J’ai pu partir grâce à l’association Eurasia Net et au  programme  ILoveMarseille. Ladite association, en partenariat avec Armenian Volunteers Corps, permet à des volontaires de découvrir l’Arménie (entre autres) sur une durée variable. Pour ma part, je me retrouve en Arménie pour 8 mois, au moins.

Avant de partir je ne savais quasiment rien sur l’Arménie et sa culture. Je me retrouvais, d’ailleurs, souvent incapable de répondre à la question «  Et  pourquoi  tu  pars  en  Arménie ? ». Niché dans le Caucase l’Arménie est un petit pays de seulement 3 millions d’habitants. Il est vrai qu’on entend peu parler de l’Arménie si ce n’est lorsque l’on fait références aux épisodes tragiques de son histoire. Nonobstant, le pays connait, depuis un an, un nouveau souffle. En 2017, a éclaté une révolution pacifique qui a pour objectif  de remplacer le gouvernement en place, jugé corrompu et oligarchique. Le peuple uni derrière son leader révolutionnaire Nikola Pachinian semble retrouver petit à petit espoir  en l’avenir.

Je suis arrivé à Gyumri le 3 octobre, ville dans laquelle j’allais rester 2 mois. Le dépaysement est total. Le choc culturel se fait ressentir. La ville a été le théâtre en 1988, d’un terrible séisme qui a frappé l’Arménie. Ce séisme a été, à l’époque, l’élément déclencheur d’un mouvement de solidarité internationale lancé notamment par le regretté Charles Aznavour. 30 ans après le séisme, la ville de Gyumri  n’est  toujours  pas  totalement reconstruite.

 

Une fois sur le lieu d’emploi je suis placé par Armenian Volunteer Corps (AVC) – l’association dans laquelle je suis volontaire – dans une famille d’accueil qui m’hébergera pendant les 2 prochains mois. Le temps d’adaptation est rapide. Mes hôtes sont rompus à l’exercice d’accueil de volontaires étrangers. Sur place on m’informe des tâches que j’aurai à remplir durant ma mission à Gyumri. Je devrai d’une part, donner des cours de français et d’autre part, travailler au « Emili Aregak Day Care Center ». J’aimerai m’appesantir un peu plus sur cette deuxième structure.

Emili Aregak Day Care Center

Le centre est un établissement qui a pour vocation l’accompagnement des enfants en situation de handicap. L’objectif du centre n’est pas seulement de prodiguer des soins aux enfants, mais aussi de les intégrer à la vie du quartier. L’espace est ouvert au reste de la population et doit servir de point de rencontre entre les différentes composantes du corps social. L’influence de l’équipe cosmopolite se fait ressentir dans les méthodes de travail, l’ambiance est décontractée et stimulante. Le personnel qu’il soit administratif ou opérationnel partage du temps avec les enfants lors des déjeuners.

Le centre a pour vocation d’accueillir et d’accompagner les enfants handicapés de 3 à 18 ans. Le centre n’est pas un établissement médical, la mission première est, en effet, d’aider les familles des enfants en situation de handicap et de procéder à leur socialisation desdits enfants. L’objectif est de faire un lieu de rencontre entre la population locale et les individus en situation de handicap bien trop souvent marginalisés dans les sociétés en voie de développement. La volonté de l’équipe est de faire du centre un lieu agréable humain et inclusif.

J’interagissais dans une large équipe de volontaires, la variété des profils et des origines se faisait ressentir sur les méthodes et l’ambiance de travail, plus proches de la Start Up Occidentale que de l’association traditionnelle. Je travaillais dans le pôle d’administratif alternant les missions de recherches scientifiques et d’appui à l’équipe marketing.

Il y a 2 mois le dispositif d’aide a été complété par la mise en place de la première Boulangerie inclusive pour les personnes en situation de handicap. La Boulangerie est le prochain enjeu de l’association qui est en voie de professionnalisation. L’équipe du centre s’est rendu compte qu’après leur majorité les individus quittaient le centre et se retrouvaient en situation de chômage, situation qui ne favorise pas l’inclusion des  handicapés dans le corps social. La Boulangerie est offre une opportunité d’accès à l’emploi et constitue aussi pour l’association une vitre de son action. Situé en plein centre-ville la Boulangerie est un lieu de rencontre et de travail inspiré des nouveaux espaces de co-working occidentaux.

Sur le plan personnel cette expérience fut plus enrichissante que je ne l’aurai imaginé. N’ayant ni de formation ni d’accointances à travailler avec de tels publics, je pensais, au préalable que cette mission serait compliquée. Il n’en fut rien. L’atmosphère de travail était stimulante. Enfin, la structure est habituée à recevoir de nombreux volontaires et laisse à ces derniers une grande marge de manœuvre  pour  entreprendre  des  projets divers et variés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »
HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com