Témoignage – Le service civique Franco-International de Roxana à Amman

Cela fait deux mois que j’ai arrêté de fréquenter l’avenue agitée de la  Canebière, pour me rendre au bureau d’Eurasia Net dans la belle ville de Marseille, afin de continuer la phase internationale de ma mission de en service civique dans l’accueillante capitale d’Amman, en Jordanie –al Urdun- à l’Institute Royale pour les Études Interreligieux (RIIFS). 

Je ne peux pas le nier, les deux premières semaines n’ont pas été faciles, mais petit à petit j’ai commencé à m’adapter à un nouveau style de vie et j’ai commencé à découvrir la fascinante culture Jordanienne. 
Cela a été une période magnifique, culturellement riche et intéressante au niveau personnel. Voici mon expérience : 

Je suis arrivée au début du Ramadan, cela m’a permis de mieux comprendre la base de cet engagement et tradition partagée parmi les Musulmans du monde entier. Ce n’est pas pareil de participer à un iftar (moment de partage quotidien durant le mois sacré du Ramadan, où l’on rompt le jeune, après le coucher du soleil) dans un pays Européen, ou même comme touriste dans un pays à majorité musulmane, que de le vivre immergée dans un pays pratiquant l’Islam. Dorénavant, le Ramadan a pour moi un autre sens, ce n’est pas seulement une période de jeûne mais aussi de partager, de fête, de réflexion, d’engagement, mais c’est aussi un effort spirituel, des grands et délicieux banquets, sortir après 23h, faire du shopping à 2 heures du matin, ce sont des lumières dans les maisons, des décorations dans toute la ville, de la musique, des débats… Parfois je me disais « c’est comme Noël mais pendant tout un mois ! »

D’un autre côté, j’ai eu la chance de visiter de très beaux endroits, digne de vacances de rêves, et de vivre des expériences uniques : visiter le fameux et magnifique désert du Wadi Rum, les belles plages d’Aqaba dans la Mer Rouge, la ville avec les plus belles mosaïques, Madaba, jusqu’aux spectaculaires ruines de Jerash particulièrement bien conservées, m’aventurer dans le Wadi Mujib, voyager à travers le temps depuis la Citadelle d’ Amman, regarder en direction de Jérusalem depuis le Mont Nebo, observer les personnes âgées dans la place centrale d’Al-Salt, jouer une partie de backgammon, assister à des concerts qui te font voyager à travers le temps en mélangeant la mélodie du oud avec celle de la guitare, du violon, de la basse, des tambours, accompagnés de voix que récitent essentiellement des poésies et des histoires d’amour.

La vie à Amman est très active, pleine de rencontres, de festivals, et fêtes, dans les terrasses, piscines et aussi dans les pubs, des bouchons, knafeh, zaatar, shawarma, hummus, ainsi que de cocktails fruités non-alcoolisés !
Le Knafeh mérite une attention particulière : dessert originaire de Palestine, il est fait d’une masse spéciale, cuisiné avec du fromage et servi avec des amendes et des pistaches, c’est devenu mon plat préféré, parce qu’il me rappelle la « cachapa » vénézuélienne mais en version sucrée. 

Cette expérience ne serait pas aussi belle et significative sans tous les gens magnifiques que j’ai rencontrés. Des amitiés qui se construisent et des personnes que je remercie pour tous les moments partagés jusqu’à présent et je trinque à toutes les aventures à venir : Ariane, Victor, Melanie, Madji, Agra Wabi, Hamada, Lourdes, Kristhine, Renée et la liste est longue ! 

Après avoir lu ceci, je vous ai peut-être donné l’impression que je suis en vacances, n’est-ce pas ? Mais en fait, du dimanche au jeudi ma mission chez RIIFS se déroule. Je suis dans le département des Études Internationales comme chercheuse junior. Jusqu’à présent, j’ai réalisé diverses critiques de livres en anglais, français, espagnol et italien, toutes centrées sur la thématique du dialogue interreligieux. J’ai écrit une proposition de projet pour gagner un prix international, préparé un atelier sur la musique et la danse comme éléments du dialogue, effectué une recherche sur les similarités et différences parmi les trois principales religions monothéistes : Christianisme, Islam et Judaïsme, ; participé à des évènements interreligieux avec la présence des leaders religieux et personnalités politiques, ainsi qu’à des tables rondes sur la conservation du patrimoine jordanien et, maintenant en coopération avec ma collègue Mélanie, nous sommes en train de sélectionner le matériel pour la publication officielle du 25° anniversaire du RIIFS, et ceci en plusieurs langues.
Une mission très intéressante, qui s’enrichie chaque jour grâce aux conversations avec ma coordinatrice, Dr. Renée Hattar, qui a un parcours professionnel très inspirant pour ma future carrière. 

C’est une aventure dans tous les sens du terme, dans laquelle les nuits de danse Latine n’ont pas manqué (pour ne pas perdre l’habitude que j’avais avec ma coloc Vicky). Vivre complètement seule dans un appartement immense, travailler les dimanches mais être libre les vendredis, m’engager à maintenir contact avec ma famille et amis à travers de longs messages vocaux, me faire lire les lignes de la main en Arabe et avoir la chance de compter sur un ami vénézuélien/jordanien qui me fait la traduction, essayer de faire de la plongée et laisser tomber, me faire faire un tatouage d’henné sur la main par une fille Anglaise, monter dans des taxis jaunes avec des chauffeurs qui ne parlent pas l’anglais, rester enfermée dans l’appartement avec les clés à l’intérieur de la chambre et sans le téléphone à la main… c’est mon quotidien ici !

Vous vous demandez peut-être comment ça se passe sans parler l’arabe ! Eh bien, j’ai essayé d’étudier au moins une heure par jour de manière autodidacte l’arabe moderne, nommé al-fusha, et quand j’en ai l’occasion, j’apprends des mots en dialecte Shami (en référence à la région du Levant) comme : « khalas » -ça suffit-, « sabah al khair » -bonjour-, « ma’a salama » -au revoir-, « na’am » -oui-, « la » -non-, « kaif hala(i)k » -comment ça va-, « shou » -quoi-, « alhamdullilah » -grâce à Dieu- « inshallah » -si Dieu le veut-, « walla » -c’est pas vrai ! (dépendant du contexte*)-, « marhaba » -salut-, « sahha » -santé-, « sahteine » -ce n’est pas la poêle pour les hispanophones mais « bon appétit », « mashi, tamam ou tayeeb » -ça va, ok, d’accord-. Définitivement, l’Arabe est une langue merveilleuse, qui nécessite du temps, non seulement pour l’apprendre, mais aussi pour trouver la motivation de la mettre en pratique. –comme pour toutes les langues-. De toute façon, ne vous inquiétez pas ! Parce que les Jordaniens ont en général un bon niveau d’anglais et parfois –au moins dans mon entourage- parlent aussi parfaitement l’espagnol !

Et…est-ce vrai qu’il fait une chaleur insupportable pendant l’été ? Selon moi, du moins cette année, pas du tout !! En fait, je crois que sur deux mois j’ai seulement eu chaud deux ou trois jours. Normalement la température est assez acceptable, même la nuit je sens presque tout le temps un vent qui rafraichit l’atmosphère, jamais comme le Mistral, évidemment !

Il y a une chose qui m’a beaucoup surprise, c’est le fait que pour aller dans un grand centre commercial, les hommes ne sont pas autorisés à y entrer seuls, mais doivent être accompagnés d’une femme. Selon mes amis jordaniens, cela a pour but de prévenir le harcèlement envers les femmes qui se promènent dans le centre commercial.  
Mais en général, en tant que femme, jeune et étrangère, je me sens sûre en Jordanie. J’ai marché seule dans la rue, et pour me déplacer sur de longues distances, j’ai utilisé Uber. J’ai toujours été prudente et utilisé le sens commun. C’est vrai que les hommes jordaniens sont très gentleman –parfois trop-. Il m’est arrivé d’avoir la sensation que l’esprit accueillant des jordaniens est similaire à celui offert par les habitants d’Amérique Latine. 

Mon année de service civique arrive bientôt à son terme, il ne me reste plus que deux mois en Jordanie pour continuer la découverte du pays ainsi que pour me découvrir au niveau personnel. L’avenir n’est pas aussi clair qu’en arrivant ici, il y a eu beaucoup de changements et je me retrouve maintenant face à de nouvelles opportunités de travail. Je suis prête à refaire mes valises pour voyager vers des latitudes inconnues, même si Marseille est et restera toujours ma destination finale, ma maison, mon meilleur coucher de soleil. 


Si je pouvais résumer mon expérience ce serait à travers..:
– Une poésie : “Le collier de la Colombe” pour Ibn Hazm
– Une chanson : « enta 3al bal »
– Un groupe musical : Trio Joubran
– Un moment : la première nuit étoilée dans le désert du Wadi Rum avec Ariane !!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »
HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com