OPEN UP YOUR EYES – Le témoignage de Bruna et Olympe en Croatie

Dobar dan everybody (Bonjour, tout le monde) !

Nous c’est Bruna et Olympe et nous sommes en Service Civique à Slavonski Bord, petite ville perdue au fin fond de la Croatie. On découvre un peu plus chaque jour la façon de vivre à la croate. Pomalo Pomalo ! (Tranquille Tranquille). A notre arrivée, nous avons rencontré deux autres volontaires en EVS (Service civique Européen), Mateo et Beyza avec qui on vivrait les 8 prochains mois.

Ici, nous sommes un peu l’attraction car rare sont les étrangers qui passent par-là. Les habitants nous regardent avec des yeux interrogateurs, c’est assez amusant. La rivière Sava sépare Slavonski Brod de sa sœur bosniaque Bosanski Brod, cheminant lentement vers le Danube qu’elle rejoint finalement à Belgrade, capitale de la Serbie. Le mélange des populations bosniaques, croates et serbes qui existait avant la guerre de l’Ex-yougoslavie n’est plus. Maintenant, le pont qui les divise géographiquement, les divise aussi culturellement.

Beaucoup de maisons ont été abandonnées pendant la guerre, elles restent là, se fondant dans le paysage, les impacts de balles toujours visibles sur leurs flancs, pendant que la vie continue son cours.

C’est dans ce contexte que nous avons débuté notre service civique au sein de l’association Europe House. Une semaine après notre arrivée, les énormes flocons de neige ont couvert la ville d’un magnifique tapis blanc. En plein hiver, les débuts n’ont pas été des plus faciles pour nous deux expatriés, au cœur d’une culture dont on ne connaissait rien.

« Vous-souvenez vous lorsque vous partiez pour la première fois en colonie de vacances ? Vous quittez vos proches que vous aimez et votre petit chez vous où vous vous sentez bien et en protection. Et paf vous êtes téléporté au milieu d’inconnus ! Votre première réaction est de pleurer puis vous commencez à vous adapter et à apprécier de plus en plus l’endroit où vous êtes tombé ! Ce qui vous paraissait inimaginable avant de partir !

Eh bien… c’est exactement ce qui s’est passé ! » 

Pour ma part (Olympe), j’avais choisi ce service civique pour réaliser un jardin en permaculture. Quoiqu’Eurasia Net, nous ait prévenues à propos des changements d’objectifs potentiels de notre association d’accueil, je reste extrêmement déçue que ce projet n’est jamais abouti. Durant les premiers mois, nous ne comprenions pas pourquoi nous étions là et en quoi nous pouvions être utile à cette association. Aucune mission, aucun objectif ne nous ont été attribué.

Il a fallu du temps, mais finalement nous avons commencé à mettre en place des cours de français et de portugais pour la population locale. Une drôle d’expérience puisque l’on a dû expliquer à d’autres des règles de grammaire qui nous semblaient tout à fait naturelles. Chaque semaine, il a fallu nous renouveler pour ne pas tomber dans la routine et faire des cours intéressants et divertissants.

Avec l’association il existait un manque de communication énorme ce qui n’a pas du tout facilité notre adaptation. Nous nous sentions inutiles, mais malgré nos efforts cette relation ne s’est jamais amélioré. Certaines fois, ils nous contactaient pour des missions dont on avait aucune information à l’avance… Leurs actions resteront toujours pour nous un grand mystère. Nous avons donc commencé à déprimer…(le temps gris et froid n’aidant pas non plus). Deux mois déjà étant passés,  j’ai voulu rompre mon contrat… (Olympe), mais après discussion avec de nombreuses personnes et mûre réflexion avec moi-même, j’ai décidé de rester.

Nous avons commencé à voyager et à réaliser quelques projets sur une dizaine de jours à l’étranger, ce qui à changer la dynamique. C’est là que l’on a découvert les joies de l’interculturalité. On y a  rencontré des personnes merveilleuses auxquelles on s’est lié d’une profonde amitié et avec qui on est toujours en contact. Notre première expérience dans un projet Erasmus+ restera donc la plus belle.

Les derniers mois, on a même commencé à filmer et produire des vidéos documentaires sur le thème de l’économie social et solidaire (ESS). Ceci a été la tâche la plus compliquée car on n’avait très peu ou aucune expérience en ce qui concerne la réalisation et le montage vidéo. Ça a été une période de galère avec beaucoup d’heures de travail mais à la fin on a beaucoup appris sur ce sujet et on a produit trois vidéos dont on est très fières.

L’adaptation a pris énormément de temps mais le moment des adieux a été très difficile. Alors, même si on a commencé par détester cette ville, on l’emportera dans nos coeurs ou du moins, les gens qu’on y a rencontrés !

Bruna et Olympe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »
HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com