Témoignage – La vie de Marine après deux mois en Inde

Voilà déjà bientôt deux mois que je me suis envolée pour la folle aventure qu’est l’Asie et ce ne sont pas que des mots c’est une folle aventure un peu comme si j’avais voyagé par navette spatiale pour arriver sur une autre planète : la planète India au port d’arrivé Varanasi. Et quel changement ! Quel apprentissage ! Quelle découverte ! Quelle folie !

Bon il faut aussi préciser que j’étais complétement étrangère à cette culture, je n’avais jamais ne serait-ce que manger dans un restaurant indien avant, mais au fond de moi je sentais comme une sorte de prédilection pour réussir à vivre dans cet incroyable environnement. C’est « incroyable » car tout est tellement loin de la vie en occident, au début tous mes sens ont été chamboulés : l’on peut passer dans une rue avec un délicieuse odeur de Thali et 10 mètres plus loin une insupportable odeur de déchet, on peut voir une merveilleuse porte d’entrée de maison dédiée aux dieux et rentrer à l’intérieur pour constater la vétusté du lieu de vie. Au niveau sonore il faut s’accrocher aussi entre les klaxons incessants, les festivités permanentes et les cris d’animaux l’on ne dors pas vraiment (mes bouchons d’oreilles sont mes meilleurs alliés), également l’air humide et pollué ainsi que la surpopulation dans ces villes m’ont demandé un grand effort d’adaptation au même titre que la nourriture épicée… mais tellement variée heureusement !

Vous l’aurez compris, vivre en Inde ne manque pas de surprise, c’est paradoxal car tantôt je suis si loin de mes habitudes ce qui veut dire énormément de temps libre mais que l’on peut facilement tuer en allant à la rencontre des gens autour. Ma curiosité n’est jamais rassasiée, mon conseil est surtout de prendre le temps de digérer et de se sentir libre d’aller à la rencontre de l’autre car oui les « on dit » vous font très peur avant de partir, disant que c’est dangereux de partir là-bas et pour être honnête j’étais plus effrayée avant mon départ qu’en étant sur place. Faire confiance en son instinct et ses ressentis voilà la meilleure façon de s’adapter et bien sûr en tant que fille l’expérience est différente. A l’inverse du Sud où les racines culturelles matriarcales sont encore présentes l’Inde du Nord est extrêmement marquée d’un patriarcat qui entretien les femmes dans une situation de dépendance vis-à-vis de la société, vous remarquerez ça directement par l’ultra majorité d’homme dans les rues. Alors en tant que fille en Inde, il faut savoir se faire discrète, être diplomate quand on fait connaissance avec une autre fille c’est-à-dire ne pas s’avancer comme avocate de la cause féministe mais plutôt comme une sœur qui est là pour écouter et comprendre. C’est une vraie dose d’humilité que je prends à chaque fois que telle ou telle personne me raconte son histoire, j’ai constaté à quel point l’humain est un battant et comme chaque histoire autour d’un chaï peut apporter éclairage et sagesse.

Aussi sur un plan plus pratique je travaille pour THE projet pour moi qui a fait des études dans l’économie sociale et solidaire, je suis extrêmement stimulée par le fait de travailler pour une entreprise sociale avec toute une philosophie d’empowerment. C’est Nicole et Michael, deux européens qui gèrent admirablement deux business : The brown bread bakery qui répond à la forte demande touristique avec leur Guest house et deux restaurants aux endroits les plus fréquentés en ville, le deuxième business correspond aux magasins avec la vente de produits respectueux de l’environnement et une marque de vêtement cousu par des femmes à Varanasi. Ces deux sources de revenus servent à financer la Badi Asha school où 120 élèves entre 4 et 14 ans issus de castes ou quartiers marginalisés peuvent avoir accès à l’enseignement, les fournitures et le repas gratuitement tous les jours. Le projet permet d’offrir un travail rémunéré décemment avec des excellentes conditions de vie pour toute l’équipe salariale qui a une allure de grande famille !

En bref, c’’est une énorme chance de pouvoir vivre en Inde, j’ai depuis bien pris conscience de l’excellence, du confort de notre système Français contre lequel on a tendance à râler, parce qu’on adore râler ! Mais merci le service civique de me permettre de vivre cette expérience. Merci Eurasianet pour son excellent suivi et la phase de formation qui fut l’occasion de tisser des liens avec d’autres volontaires qui sont maintenant mes amis et évidemment avoir été initié à la gestion de projet, le développement durable, la gestion des émotions avant de partir est un plus incontestable. Merci Learn for life projet qui participe activement à l’empowerment des populations locales et qui rend ce monde meilleur.

Je finirai en disant que le monde est rempli d’endroit qui n’attendent que vous pour vivre des moments de fraternité.

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